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Pistes de réflexion de l'atelier
- Terre natale ou terre d’adoption, quelle importance donne-t-on au lieu où on habite, où on vit, où on travaille?
- Les lieux possèdent-ils une poésie qui leur est propre ? Est-ce le cas pour tous les lieux ?
1ère étape
Echauffement : faites la liste des lieux qui vous entourent, à la façon de Prévert
Avec Prévert, un inventaire...
Une pierre
Deux maisons
Trois ruines
Quatre fossoyeurs
Un jardin
Des fleurs
Un raton laveur
Une douzaine d’huîtres, un citron, un pain
Un rayon de soleil
Une lame de fond
Six musiciens
Une porte avec son paillasson
Un monsieur décoré de la légion d’honneur
Un autre raton laveur
Production écrite : 20 mn
Consigne : Ecrire sur un des lieux cités lors de l'échauffement.
2ème étape
Echauffement : chasse au trésor dans la salle
Récoltez les noms de lieux originaux, étranges, surprenants, cocasses, inattendus, que vous trouvez.
Lecture d'un extrait de Noms de lieu ! par Bernard Claude Galey
«Au détour d'une rue, sur une petite route de campagne, nous avons tous été un jour intrigués par des noms insolites, étranges, parfois drôles, parfois inquiétants, attachés à un lieu - village, rue, quartier, rivière, etc.
Par exemple, savez-vous que plusieurs villages s'appellent Ecoute-s'il-Pleut ? Et que, dans le Berry, un lieu-dit porte le nom étrange de Travaille-Coquin ? Qu'étaient ces chats bossus qui ont baptisé une rue de Lille ? Y avait-il vraiment une araignée dans la rue de l'Araignée à Marseille ?
Pourquoi un quartier de Toulouse s'appelle-t-il les Trois-Cocus? Les rues Ah! Ah!, comme au Mans et à Valence sont-elles vraiment si drôles ? A travers ces noms, c'est parfois un peu de la grande histoire qui passe mais aussi des histoires plus intimes, celles des habitants des villes»
Production écrite : 20 mn
Consigne : Racontez l'histoire de ce lieu. Pourquoi s'appelle-t-il ainsi ?
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Exemples de Productions
1ère ETAPE
Complainte de l’ascenseur
Toute la journée je monte et je descends. Vous parlez d’une vie !
Rez-de-chaussée, premier étage, deuxième étage, rez-de-chaussée, troisième étage … Le soir, je n’en peux plus ! J’étouffe. Laissez-moi sortir,
m’évader. Voir de nouveaux horizons ! Toute la journée je vois défiler
des individus, ils sont grands, petits, ils sentent bons, ils sentent
mauvais, ils parlent français ou des langues que je ne connais pas. D’où
viennent-ils ? Y a-t-il aussi des ascenseurs là où ils habitent ?
Parfois, j’entends parler de la mer. C’est quoi la mer ? Ça a quelle
couleur ? Je suis environné de gris, de gris, de gris, c’est désespérant.
Heureusement qu’il y a ma copine du bâtiment A. On se croise souvent en
montant ou en descendant. On s’interpelle, on se chuchote des mots doux.
Et oui, je suis amoureux d’elle et elle me le rend bien. Mais que faire ?
C’est sans espoir. Jamais nous ne pourrons nous rapprocher. Autant oublier.
S’abandonner. Ne plus bouger. Faire le mort. Au moins le week-end je suis
tranquille, j’ai du temps pour moi. Enfin, en général. Mais ce matin,
il y avait ces drôles d’oiseaux des ateliers d’écriture. Venir travailler
un samedi matin, quelle idée ! Faut toujours qu’il y ait des emmerdeurs
quelque part, n’est-ce pas ?
P.
« Pôle formation CCI, bonjour ».
La voix mélodieuse de la standardiste résonne à mes oreilles. Telle la
madeleine de Proust, elle éveille en moi des résonnances délicieuses «
d’ailleurs ». Me voilà transportée dans un aéroport, le goût de la liberté…liberté
de partir, de revenir ou de rester pour attendre ceux qui partent et ceux
qui reviennent.
Cet espace accueil, c’est comme un aéroport : il y a ceux qui arrivent
d’on ne sait où et qui repartent vers on ne sait où. Des histoires de
vie qui se croisent, des opportunités de rencontres ou d’occasions gâchées.
Dans ce ballet incessant et dérisoire, la standardiste rassure ceux qui
n’osent pas franchir le pas, ceux qui se perdent dans le dédale des bâtiments
et souhaite la bienvenue à ceux qui ne font que passer…
« Bonjour madame, puis-je vous renseigner ? » Je sursaute ! Perdue dans
mes pensées, je ne l’ai pas entendu raccrocher le téléphone. Vite, où
se trouve la salle 120 ? Je vais être en retard…
N.
2eme ETAPE
Rue du Poumon
Petite France. 1890. Une sombre période. Des rues sales, puantes, les égouts le long des trottoirs, la vermine qui détale à votre approche. Ça sent la peste, ça sent la mort. C’est l’heure glauque du petit matin. Je sors de chez la tenancière du quartier rouge, rue du pied de veau. Chuuttt… Les coins noirs grouillent de voyous par ici. Il fait sombre, je me dépêche. Soudain, boum ! Je me retrouve la face dans le caniveau. J’ai heurté quelque chose. C’est quoi ? Un récipient avec une truc dégoûtant dedans. Ça pue ! Du formol ? Mais c’est quoi ce truc ? Ça me rappelle mes lointaines leçons d’anatomie : un poumon peut-être. Une seule chose à faire, je vais l’emmener au célèbre inspecteur Agité du Bocal.
Quelques minutes plus tard… Bizarre, il a eu une drôle de réaction en voyant ça, l’inspecteur de mes deux ! Comme s’il se sentait coupable ! Je suis à peine sorti du commissariat qu’il met son pardessus. Je vais le filer discrètement. Où va-t-il ? Tiens, il prend la ruelle des Ecorchés, le repère des pires bandits du Grand Est. Vite, écoutons à la porte. « Eh les gars, dit l’inspecteur. Regardez ce que je viens de trouver ! Vous avez perdu mon butin ! Vous savez bien que j’en ai besoin pour mon opération du poumon à Londres demain. Je ne peux vraiment pas vous faire confiance ! Pour un peu, notre trafic d’organes était découvert. » Ah ah, j’en ai assez appris. Vite, chez le commissaire divisionnaire Labévue. Lui au moins il est fiable. Il va prendre l’affaire en main.
Quelques jours plus tard, voilà l’inspecteur Agité du bocal en prison. Je vais le voir : « Ne pleurez pas mon cher, à chaque malheur il y a du bon ! En prison, vous serez bien obligé d’arrêter de fumer ! Adieu cigares, tabac, fumée et opération. »
P. |